La musique, la Russie, une vraie histoire d’amour

La musique est un art majeur en Russie, apprécié et pratiqué du haut en bas de la pyramide sociale. Malgré le renchérissement de ces dernières années, les salles de concerts ne désemplissent pas, et chacun se met sur son trente et un pour faire honneur aux musiciens, couverts de fleurs à l’issue de leurs prestations. A ce propos, voir le film le Concert, magnifique.
Si l’on peut expliquer ce phénomène par une correspondance entre âme slave et lyrisme, il  faut aussi souligner qu’il est le fruit d’une longue tradition, qui a fait tour à tour de la musique, l’enfant chéri du pouvoir politique ou le refuge des esprits libres. Un jour ouverte aux influences étrangères et le lendemain fer de lance du nationalisme.  Ainsi, quelque fut son « régime », la musique a toujours occupé dans ce pays une place de choix et la Russie offert au reste du monde d’immenses compositeurs et interprètes.

Des épopées moyenâgeuses à Glinka

Au Moyen Age, la Russie est faite de petits royaumes, dont les princes et leurs épopées, sont chantés par des bardes. Ils accompagnent leurs chansons de geste – bylines – au son du gousli, petite table trapézoïdale, comportant sept à huit cordes. Mais l’instrument est secondaire, le vocal reste prépondérant. Les rythmes, très libres, sont essentiellement impairs et la mélodie, ample et dominée par les intervalles diatoniques, est souvent mélancolique. Les compositions sont influencées par les musiques scandinaves et orientales. On importe aussi des instruments, tels la domra, guitare d’Asie centrale, qui se transforme bientôt en balalaïka.

Mais la musique populaire contrarie l’Eglise qui en interdit l’exercice au 12ème siècle. Cet interdit a pour effet de répandre la musique dans les campagnes les plus reculées et d’inciter les interprètes de musique religieuse à prendre de la distance avec les « canons » byzantins. Au milieu du 17ème, la musique populaire, toujours vivace grâce aux lignées de bardes, est de nouveau mise à l’index par le tsar Alexis, dans une période particulièrement troublée politiquement. Il faut attendre la fin du siècle et l’arrivée du prince Galitzine puis de Pierre Le Grand pour que musique et théâtre obtiennent un semblant de reconnaissance officielle. Durant tout le 18ème siècle, la mode est à la « cupidonnade », la bonne société danse sur des menuets importés d’Allemagne ou de France, accueille des compositeurs d’opéra italiens. Mais ceux-ci ne restent pas longtemps imperméables au charme du « folklore » russe qu’ils font entrer peu à peu dans leurs oeuvres. Le succès est au rendez-vous, d’autant qu’après la campagne de Napoléon, un besoin de musique nationale se fait sentir. En 1835, Verstovski, directeur du tout nouveau Bolchoï, fait jouer le premier opéra russe Le tombeau d’Askold,

Mikhail_Glinka_by_Ilya_Repin

Mikhail Glink par Ilya Repin

de sa composition. Mais c’est Glinka, son contemporain (1804-1867), qui est considéré comme le véritable père de la musique russe. Ses compositions les plus célèbres, Rouslan et Ludmila (sur un poème de son ami Pouchkine) et Kamarinskaïa, mettent toutes deux en valeur la tradition populaire. Pourtant, à l’instar de ses prédécesseurs, Glinka reste ouvert aux influences étrangères. Ainsi, après un séjour en Espagne, il compose une Jota aragonaise et Une Nuit à Madrid.

La suite

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