Etre une espionne

Bethesda, 11 août 2010

Maman jolie,

Direction Mars !

Dis donc, je me rends compte que depuis que je t’écris, je ne t’ai pas une seule fois demandé comment tu vas. C’est comme ça, quand on est encore sur terre, on est persuadé que les problèmes nous sont réservés, que tout va bien, au Paradis. Mais si ça se trouve, ce n’est pas vrai. Untel jalouse le nuage d’un autre tel, Paradis Culture est en grève, les oiseaux chantent faux, y a trop d’orages, des trucs comme ça. En tous cas, j’espère que tu as retrouvé des amis, et que tu  t’en ai fait plein des nouveaux. Tu me diras. En attendant de tes nouvelles, je poursuis mon récit.
Hier, nous sommes allées au cœur de Washington, c’est-à-dire sur le National Mall. Immense pelouse, bordée d’allées arborées et des musées et des musées, des monuments. Le premier musée que nous avons visité, c’est bien sûr le musée de l’Espace, qui serait le musée le plus visité au monde. Il est bien, toutes les fusées, un tas d’explications sur les planètes et leur physique et tout et tout. Je n’ai pas trop apprécié leur planétarium, les commentaires étaient enregistrés, donc beaucoup moins passionnés que ceux dont nous pouvons bénéficier au Grand Palais. Et puis, je n’étais pas super en forme. J’avais failli avoir une crise d’épilepsie, en plein musée, soit je traduisais trop, soit j’avais bu un café trop fort. J’ai avalé le médoc miracle, mais j’étais KO, physiquement et moralement. Ensuite, nous avons marché le long du National Mall, en devisant. Chloé a voulu parler politique. Le lieu était bien choisi : derrière nous, la Maison Blanche tandis que nous nous dirigions vers le quartier des institutions financières internationales. Ayant admiré le panorama depuis la terrasse du FMI – on nous a photographié à l’entrée – nous sommes allés dîner assez loin, selon les mesures françaises, disons à 60 km, ce qui pour les américains est très voisin.  Nous avons rejoint un grand estuaire qui traverse le Maryland, en direction d’Annapolis. La spécialité du restaurant, au bord de l’eau, c’étaient les crabes.

La dictatrice

Hum…J’ai bien aimé voir les bikers, ils sont gentils et si typiques. A notre retour, Chloé s’est prise pour Charlin Chaplin, une dictatrice très fatiguée, qui s’endormit sur la planète !
Le lendemain,  il me fallait récupérer, je chancelais. Nous avons profité des équipements résidentiels et j’ai exploré le quartier. Personnes âgées parlant français et magasins, standardisés. En début de soirée, Véronique nous a conduites à un boutique tenue par des chinoises, de manucure et pédicure. Il a fallu que j’attende d’avoir 43 ans pour me faire couper les ongles de pieds, masser les mollets et colorer. Chloé a choisit du bleu pour ses petits pieds. Je fais la moue, mais y a bien pire.
Aujourd’hui, nous étions en pleine forme et nous nous sommes engouffrées dans la canicule. En sortant de l’immeuble, j’aperçois une affiche qui annonce des primaires. Et donc, j’enquête, c’est le syndic. Ils sont plus fanatiques de la démocratie que les Suisses, qui font quand même des votations pour choisir la couleur des boîtes aux lettres ! C’est rigolo.
Ce que nous avons découvert aujourd’hui est unique au monde. En face du building du FBI, se trouve l’International Spy Museum. Si tu y vas, il faut absolument faire Operation Spy. C’est simple, tu es une espionne, tu entres dans la vie de James Bond, tu dois trouver une arme nucléaire, sauver un collègue.

T'es bien briefée ?

Tout cela est organisé dans un espace totalement dédié à cette opération. Tu y es ! Tu cherches, tu flippes, tu réfléchis. Même si nous n’avons compris que 10% des instructions, des mises en garde, nous en sommes sorties vivantes et ravies. Ensuite, nous avons visité le musée proprement dit. C’est un bonheur. Pas de gadgets, que des vrais « trucs ». Micro dans les chaussures, appareil photo dans un rouge à lèvres etc. La guerre froide est expliquée dans tous ses détails, l’envers du décor. Nous avons du choisir une couverture, et étions censées avoir les gestes, les tics, les attitudes de nos « doublures ». On aperçoit Mati Hara. Ah je veux dire Mata Harri. Quelle sacrée femme ! Mal terminé. Bon, si tu n’y vas pas, tu peux visiter le site web : il y a du langage, de l’histoire. Impressionnant. Sortant de là, nous allons direct voir la baraque de Obama ;-). Elle est petite, accessible, tranquille. Difficile d’imaginer que s’y concentrent tant de pouvoirs. Enfin de compte, nous nous sommes choisi d’autres couvertures : des mangeuses de glaces italiennes, discret, non ? Mama mia !!! Que c’était bon.

Bisous ma belle, et see you soon !

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