Notre fin de l’histoire

Sur la route de New-York, 14 août 2010

Hi Mom,

Notre séjour à Washington tire à sa fin. Ces trois derniers jours ont été à la fois riches et relaxant. C’est le secret de Washington. Une ville américaine, unique en son genre, tranquille, intéressante. Ce qui m’a le plus frappé, c’est l’intérêt et le respect que porte cette ville à l’histoire, ce qui n’est pas franchement courant aux USA. En fait c’est bien normal. C’est ici qu’y vécurent les fondateurs. Washington lui-même bien sûr, mais aussi Jefferson et toute la « clique » des fondateurs. Par-dessus le marché, j’apprends qu’un noir, libre et autodidacte –   Benjamin Banneker, qui cumulait énormément de compétences – astronome, fabricant d’horloges et éditeur – a contribué à la construction de la ville. Et que c’est un français, Pierre Charles L’Enfant, qui en fut le principal concepteur.

Que c’est non loin d’ici qu’était traditionnellement posée la frontière entre le Nord et le Sud. Que durant la si terrible guerre de Sécession ce fut le seul endroit qui fut respecté, comme terrain neutre. On est au Sud, on est au Nord, ça ne fait aucun doute, question températures !
Comme l’indique le guide de National Geographic, Washington se devait d’être splendide pour s’imposer comme capitale de la nouvelle fédération, mais rester accueillante pour conserver le ton d’une nation qui se construit sur l’accueil de nouveaux arrivants. Et bien c’est réussi.
Jeudi, j’aurais voulu visiter la propriété de Washington, en fait une plantation – Mount Vernon – mais ça fait un peu loin. Nous troquons cette expédition contre un tour en bateau sur le Potomak, qui nous conduit au pied du

Ne bouges plus, je te sculpte !

Pentagone. Et ben c’est juste immense ! Heureusement que nous étions sur l’eau, ce jour était torride, les militaires fondaient. Ensuite, j’ai insisté pour emmener Chloé à un nouveau musée, Dumbarton Oaks. Je n’ai pas regretté. C’est un domaine peu visité alors qu’il mérite le tour. En dehors du fait qu’il héberge une superbe collection d’objets d’art des civilisations précolombiennes, la propriété est entourée par un des plus beaux jardins que j’ai jamais visité. Il accueille tous les styles, classique, rural, plat, escarpé, verdoyant, fleuri, aride, pierreux.
La gardienne du parc est tellement contente d’accueillir deux visiteuses françaises qu’elle laisse Chloé entrer gratuitement et nous entretient pendant de longues minutes du couple Sarkozy. Allons bon, Carla, bonjour l’ambassadrice et ses histoires du cul mondialement célèbres ! En fin de cette fin de journée, l’orage a éclaté, donc on respire enfin.
Véronique nous emmène dans un restau branché, dans un quartier branché avec une belle terrasse. C’est un quartier ethnique et à quelques encablures de là où nous dînons, toutes sortes de gangs sévissent. Je n’en sais plus le nom. Ce fut une belle soirée.
Hier, c’était repos. J’en ai encore profité pour approfondir ma connaissance de cet étrange pays. Véro m’a appris par exemple que pour obtenir un crédit ici, il vaut mieux avoir un dossier de personne ayant déjà été endettée. Ainsi, le créditeur se rassure sur ta capacité à rembourser. Peut-être qu’en France ce genre d’approche est développée par les organismes de crédit à la consommation. Mais les banques du commun ne pratiquent pas cela, tandis qu’en Amérique, c’est généralisé.

La fin de l'histoire, Hegel l'a inventée et BHL l'a fait !

Je feuillette le bouquin de Bernard-Henri Levy, American Vertigo. Il se prend pour Tocqueville, mais il ne lui arrive pas au début d’un doigt de pied. Et il m’énerve à fond. Il n’a pas écrit trois lignes qu’il brocarde déjà les sociaux-démocrates, sans le moindre argument. De son séjour à Washington, il ne parle que de sa visite à Francis Fukayama, dont la principale œuvre – La fin de l’histoire – que j’avais étudié à fond durant mes études, m’avait paru franchement idiote. Il s’appuyait par exemple sur le fait que les pauvres de favelas regardaient la télé pour prophétiser la fin de l’histoire, la fin des affrontements… Un pote de BHL…Je crois qu’on a compris !
Ce matin, Véro, toujours hyper serviable nous a conduit au bus, après un bon breakfast. Nous la reverrons après notre incursion dans Big Apple. Nous voici qui roulons, traversons des forêts, des fleuves larges comme quatre ou cinq Loire.  Cette route est excitante, dans tous les sens du terme.

Portes toi bien maman

Ici, tu trouveras toutes les photos de notre trip DC

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2 réflexions sur “Notre fin de l’histoire

  1. Archibalt dit :

    Bonjour Hélène ! Tout d’abord ne tiens pas compte du commentaire que j’ai mis sur mon blog à propos de ton retour. je viens de voir au dessus de l’image la date approximative de ta fin de séjour. Tu as du passer de bons moments là-bas, à te lire et à voir tes photos. Je suis ravi de voir qu’il y en a d’autres que moi qui n’aiment pas BHL. Ses livres ne sont que le reflet d’un être orgueilleux, imbu de sa personne, qui semble n’écrire que pour lui-même. Il m’a définitivement éloigné de la philosophie occidentale !
    A bientôt. Soigne-toi bien.
    bises.

  2. Salut Archi, je n’ai vu aucun commentaire de nature à me vexer sur ton blog, sauf que la Russie est bien ma passion, mais voyager de part le monde me plaît aussi ! Ah B.H.L, quel imposteur ! Mais selon moi, il ne faut par pour autant s’éloigner de la philosophie occidentale, quand même il y en a des bons ! Merci pour la santé, je fais très attention. Je me ménage…A bientôt, H

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