TEMPS ERRANCES 1 – LE DEPART

Pour les vertus, bien sûr, il y a des définitions officielles. Validées par le temps, peut-être. Prenons au hasard deux grecs.  Deux types qui ne voient pas les choses de la même manière. Platon : sagesse, courage et tempérance. Jolie composition tripartite. Aristote : plus compliqué déjà. Prudence, discernement, équilibre. Mais attention, pas n’importe quel équilibre : individualisé et relatif à la situation, s’il vous plait. Et il rajoute, comme s’il nous donnait un truc, que la vertu,  excellence,  ne s’acquiert que par la pratique. Vertu, virtuose.

Ogoniok Zoshenko

Ogoniok Zoshenko

Forcément, si on attaque par là, c’est à n’y rien comprendre. Concrètement on fait comment ? Je vais vous l’dire moi comment on fait : on a recours à des définitions moins académiques.  Ainsi, je m’étais fabriqué une petite troïka, bien à moi, à laquelle j’ai croyais dur comme fer.  Cela donnait : humour, curiosité, patience.
Entre temps, je suis partie loin et  été mise à rude épreuve. En particulier sur la curiosité. Alors, au total, je confirme, mais… je nuance. Je brode, je rallonge la liste, au diable la Trinité ! Mais avant de savoir comment, laissez moi dire pourquoi. C’est la faute aux congés en quelque sorte. Qui a parlé d’oisiveté ? J’ai dit congés, c’est pas pareil…

J’ai débarqué à Sheremetievo, aéroport international de Moscou début juillet. Plafonds bas, lumière mordorée, comme au Kremlin. Boyards planqués derrière les piliers.

J’étais la plus heureuse du monde – et même – de l’univers. J’avais deux mois entiers à passer en Russie. D’abord, une bonne quinzaine de jours à Moscou. Embrasser les amis, passer de chaudes après-midi dans la poussière, les bois, les musées. Et préparer la suite, bien évidemment, la Sibérie. Un mois et demi dans le vent, ensorcelée par la taïga, libérée par la steppe. J’avais une enquête musicale sur le dos. Tout baignait dans la Smirnoff. J’accumulais les contacts. Mais, j’avoue que je ne pensais pas trouver si facilement…et partir si vite dans l’asthénosphère !

C’était le début d’une soirée orageuse. J’avais rendez-vous avec le fils de Mad, à l’angle de la rue de la Révolution de 1905. On devrait écrire M.A.D, pour Mikhaïl Abramovitch Diabolov, quatre vingt piges et des brouettes. Mais Mad, le fou, c’est plus adapté. Ou tout simplement Micha. Vieux, considérablement vieux, mais encore bien allumé. Rencontré tantôt, dans une soirée de retraités de l’intelligentsia où j’avais atterri, dans la suite d’un chaos russe immémorable. C’était Masliénitsa. La fête du printemps, la fête de la Graisse. On mange des tas et des tas de crêpes-confiture. Pour faire passer, naturellement, on boit des tas – et des tas  – d’alcools forts. Beuverie, couleurs obliques, rangées de livres adorés. Insolent et radieux, le couchant  éclairait le visage des vieillards cultivés et gais. Autant dire des privilégiés. Parmi eux, Mad, premier traducteur de Boris Vian. Très vite, nos atomes ont fait des croches, des triolets. Il m’a aussi parlé de son fils, Victor, qui selon lui en connaissait un rayon sur l’objet de mon enquête. Je planifiais de le voir, avant de m’envoler.

La suite  ? Oulan Oude

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TEMPS ERRANCES 2 – OULAN OUDE

(La nouvelle débute là : Le départ)

Deux enquêtes se croisent

La rue empestait le caoutchouc fondu. Le vent était cru. Un ciel d’étain assombrissait la brique des immeubles de la rue « 1905 ». Sur les bords de la rivière, une usine diffusait sa lumière orange et vaporeuse. Victor se dirigeait vers moi, pantalon flottant dans les jambes. Un drapeau noir. C’était lui, le fils de Mad. Diabolov junior. Je le reconnus immédiatement et n’eus aucun mouvement de recul. Au contraire, je bus ses paroles et suivi ses pas. Il me conduisit non loin du sauna, dans un petit salon de thé, bien calfeutré où nous commandâmes deux thés verts. Je voulais pomper à Victor ses connaissances, ses idées et ses hypothèses sur les rythmes de transe des chamanes. Ma petite enquête. De l’air, des aigles, du mica et du rythme, plein de rythme.

Je me suis présentée rapidement, posant, dans un russe un peu heurté, ma première et dernière phrase.

«Minia Zavout Hortense….On m’appelle Hortense, je suis belge. Je joue des percussions et je m’intéresse aux traditions chamaniques. Je voudrais en savoir un maximum. Votre père m’a dit… »

« Tchevo, tchevo… ». En russe, ça veut dire : « De quoi, de quoi… ».  J’ai pensé qu’il ne m’avait pas comprise ou bien que senior lui avait raconté un gros bobard, pour le décider à venir au rendez-vous, ce vieux grigou.

Cinq heures plus tard, nous survolions l’Oural, direction Oulan Oudé. Victor : excité comme un insecte, regard luisant. Son enthousiasme n’avait pas décliné depuis cet instant, au salon de thé où il s’était mis à parler très vite : c’était une opportunité à ne pas manquer, justement, lui aussi devait faire un petit tour en Sibérie, urgent, avait besoin de quelqu’un pour l’accompagner, sans trouver personne, ses amis, tous enfouis sous de lourdes responsabilités. C’est donc tombé sur moi…et j’ai dit oui, bien sûr. A quoi bon moisir à Moscou une minute de plus ? Les avions étaient presque vides. Nous sommes partis à la volée, dans un ballet de gazoline.

L’aéroport bouriate, resté soviétique, comportait trois salles : gens, choses, étrangers.  Mais il y avait longtemps que les gens allaient chez les choses et que les étrangers pouvaient aller chez les gens. Nous nous enfournâmes dans une voiture particulière, le soi-disant taxi pas cher. Deux cigarettes plus tard, à peine un quart d’heure, nous arrivâmes en « ville ». Victor fit arrêter l’engin devant une bâtisse anguleuse surplombant une large place en terre battue. Hôtel Retro, grand luxe :  électricité un étage sur deux.

Place centrale à Oulan Oudé

Après une petite heure d’installation, nous nous retrouvâmes dans la chambre de Victor, qui donnait sur une courette verdoyante. Je constatais que, si Victor avait embarqué peu d’affaires dans notre départ express, il avait tout de même avec lui beaucoup de papiers. Un instant, j’eus un drôle de sentiment, un doute, presque les chocottes, puis c’est passé. Avec une blague sur les fonctionnaires. Il m’emmena déjeuner dans la cantine d’une école, située à quelques minutes à pied de notre base. Durant tout le repas, nous devisâmes sur les transformations politiques en Russie puis, marchant en silence, retournâmes nous allonger au Retro.

La suite ? Le chamane

TEMPS ERRANCES 3 – LE CHAMANE

(La nouvelle débute là : Le départ)

"drôle" d'histoire

Je fus réveillée par un frottement d’ongles sur ma porte. J’avais à peine dormi, pensé à Mémorial toute la nuit, à ces russes qui se battent pour la démocratie et dont tout le monde se fout. Et aux Coréens du Nord aussi, comme toujours. Y m’obsèdent, ceux-là, avec leur famine toute grise, discrète. Mais à quoi ça sert d’y penser, seulement y penser ? La porte s’ouvrit sur un petit homme basané, avec une face de lune et aux cheveux très fins. Un chauffeur. De la part de Victor. Je devais être en bas dans cinq minutes. Monter dans une voiture rouge, immatriculée 2345.

Bon, rendue où j’étais rendue…, je n’avais guère le choix et ma curiosité naturelle était émoustillée. La bagnole avait vécu, le pommeau de vitesse était le seul élément neuf, incrusté de roses comme ils aiment là-bas. Capacité de freinage symbolique, amortisseurs oubliés par le constructeur. Nous blindâmes néanmoins au travers Oulan Oudé, suivant l’inclinaison exacte de la chaussée. Je crus que nous allions sortir de la ville, quand soudain nous stoppâmes à la périphérie, au seuil d’une isba verte. Bator – c’était son nom –  fit le tour de la voiture, se tordit le pied dans une ornière et m’ouvrit la portière en claudiquant et grimaçant. Je connaissais les usages : je l’avais attendu. Il m’invita à entrer, me dit que Victor allait me rejoindre ou était déjà là, je n’ai pas bien compris et il partit sans bruit, comme en roue libre.

Je frappais. On m’ouvrit sans délai. « On » avait eu le temps de nous voir arriver. L’adolescente qui m’ouvrit était d’une beauté inouïe, son visage absorbait la lumière jusque dans ses cils, très noirs et très longs. « Vous venez voir Agvan », dit-elle d’un ton affirmatif. « Oui, da, bien sûr, si vous voulez … ». Je la suivis à l’étage où elle s’effaça devant moi, me laissant pénétrer dans une chambre carrée. Ni murs, ni sol, ni plafonds, rien que des tapis, du cuir, de la fourrure. Un chamane, assis au centre, tripotait une touffe de poils qui sortait droite et raide du centre de sa joue gauche.  Il m’invita à prendre place en face de lui. J’obtempérais, lui adressant un sourire inquisiteur et inquiet. Une grande inspiration. Il me dit que je suis malade. Que j’ai bien fait de venir le voir.
Si je lui obéis en tout, il peut m’aider. Il va invoquer mon animal totem et je dois aider à la communication. Certes, je ressortirais de ce rituel légèrement ensanglantée mais nettoyée de mon mal. Là, je me suis dit que je pouvais éventuellement envisager d’étudier les rythmes chamaniques sans me faire dépecer. Et j’ai aussi pensé à Victor…mais il était trop tard. Le chamane avait pris son tambour. Une fumée âcre se répandit autour de nous. Je sentis la transe arriver. Après…plus rien…aucun souvenir.

Lorsque je repris mes esprits, j’étais allongée à même le sol dans ce qui semblait être une grande yourte. Par les fentes de la porte, j’aperçus des hommes en habits bleus qui discutaient à l’extérieur. Une ombre s’approcha, je reconnus la silhouette de Victor. Dans un français irréprochable, il me dit : « Je t’ai fait prendre des risques, mais il étaient calculés et mon objectif a été atteint : le charlatan est sous les verrous. C’est un peu grâce à toi. Merci ». Je lançais à Victor un regard bovin. Il comprit que je n’avais rien compris. D’un coup ma tête se mis à peser un quintal. Je me rallongeais. Victor prépara deux thés verts. Aspirant le liquide brûlant et salé, il entreprit de me raconter toute l’histoire. Il était juge et poursuivait ce chamane avec détermination. Un assassin, qui attirait des femmes chez lui. Les droguait, les dépeçait en vrai pour les revendre en kit sur le marché international des organes. Une vraie enflure. L’horreur à laquelle on ne croit pas. Mais…difficile à coincer, protégé par le gouverneur qui en faisait aussi de belles. Trafic d’uranium. Un peu moins pire, puisqu’il y a aussi une échelle dans le mal… On avait beau avoir des preuves écrites, il fallait prendre le chamane sur le fait. C’était la seule façon de casser sa protection politique et ça avait marché. Il y a tout de même des limites à la corruption, même en Russie. Partout des limites, à condition de faire des sacrifices pour les atteindre. Victor m’avoua aussi qu’il avait utilisé ma curiosité, détectée illico, pour me faire jouer l’appât. Me suggéra que j’aurais tout de même intérêt, en général, dans la vie, à être plus prudente, à limiter mes ardeurs. Ajouta que lorsque j’aurais les idées claires, il m’expliquerait plus en détail ce que ça voulait dire, la mauvaise curiosité. Tu parles ! Je comprenais que mon appétit de savoir, ma soif d’aventures dissimulait une bonne dose d’orgueil. Se croire capable de tout connaître, tout affronter, à chaque instant. Cela donne du courage, mais bon… J’avais manqué de me retrouver éparpillée dans des zones exotiques. Le cœur en Argentine, le foie en Australie, la tête au Zimbabwe. La Forpronu à moi toute seule. Défaite.

La suite ? Gengis Khan


Une association française des amis de Mémorial vient de se créer…

TEMPS ERRANCES 4 – GENGIS KHAN

(La nouvelle débute là : Le départ)

Comme si j’avais immédiatement ingéré la leçon, je demandais à Victor où nous nous trouvions et que serait la suite. « Que sera, sera… ». Il m’expliqua que nous étions sur les bords du Baïkal, dans un vrai village avec un vrai chamane et que nous allions y rester encore quelques temps. Le temps que tout se règle pour lui. A Moscou, la procurature s’était mise en branle mais ça pouvait durer. Le temps aussi, si je le souhaitais toujours, de conduire mon enquête.

Le lendemain, moi qui suis plutôt du genre à cuire sous la tente jusque onze heures passées, j’éveillais bien tôt. Le jour semblait tout riquiqui, minus, promis à une faible croissance, incapable de repousser l’énorme chape noire de la nuit, obstinément rivée à l’horizon. Deux trois personnes erraient dans le clair-obscur du village. Je me décidais de voir enfin le lac. Baïkal ! Vraiment le plus profond.
Se leva finalement ce petit jour, sur une eau blanche et bleue et rose. Tonique. Et les montagnes alentour, endiamantées de rosée, tapissés de tous les sapins de la création, qui se noyaient joyeusement en son onde. Bombardée de neutrinos, je restais – durablement – assise au bord de l’eau, attendant mon tour d’être une holothurie, un poisson ou une algue.

Un rêve, un lac

Un cri strident déchira ma rêverie, suivi de pas de course. Il se passait toujours quelque chose dans cette toundra, mille sabords !  Epuisants, ces ruraux. De retour à la yourte, je trouvais Victor sur le seuil, le regard fixe, la pomme d’Adam en panique, tremblant de tous ses membres. Cela ne lui ressemblait pas. Pourquoi il ne parvenait pas à contenir son émotion, je le compris très vite. Une jeune fille venait de mourir, heurtée par un Kamaz.  Elle était la promise de son meilleur ami, qui fou de douleur, se reprochait d’avoir trop attendu, haïssait soudainement sa misère, son ignorance ; causes de ce malheur infini. Refusant de voir un quelconque sens, un signe du destin dans cette mort prématurée. Il l’aimait, chérissait ses cheveux lourds et ses sauts de gazelle. Plusieurs années durant, elle était partie non loin de la frontière chinoise, pour aider au troupeau. Il avait patienté. Depuis son retour, ils projetaient de se marier et… saloperie de sort ! Hulan avait brûlé sa yourte. Il menaçait de se suicider. On finit par le calmer, mais cela pris du temps, beaucoup de temps. Lorsqu’il se sentit mieux, il partit étudier à Irkoutsk.

De mon côté, je passais la plupart de mes après-midi avec le chamane qui se révélait excellent percussionniste et fin musicologue. Il avait aussi beaucoup d’humour mais j’ai beau capter pas trop mal le russe – et savoir que dans chaque blague il y a une part de blague – je ne saisissais jamais la chute. Grammaticalement, c’était trop médiéval. Lui se marrait comme un phoque, tout seul.
Quelques jours avant notre départ, il y eut la fête du kraï, c’est à dire la région. La moitié de la Bouriatie, qui est deux fois plus grande que la France, en un peu moins peuplée. Le festival de l’herbe. J’accompagnais la délégation du village. Etant la seule étrangère, je dissimulais mal ma gêne. Le chamane ricanait, il commençait à m’agacer, le vieux, avec son tambour. A présent, j’avais tendance à m’alarmer à la moindre bizarrerie.
Le kraï s’honorait à Vkoussnié Pirojki, soit, en russe : « Les Délicieux Petits Pâtés ». Les nomades, gourmands, n’avaient pas eu le courage de débaptiser. C’était un mélange de yourtes et de frêles constructions en verre, vestiges des soviets. Dans l’une d’entre elles, un cinéma avait été installé, le temps de la fête. Rideaux noirs, projecteur ronronnant, écran de draps blancs. Drôlement branchés et débrouillards, les tatars ! Gengis Khan, vieux loup bleu, tu peux être fier de tes descendants.

La suite ? Jean Yanne

TEMPS ERRANCES 5 – JEAN YANNE

(La nouvelle débute là : Le départ)

J’eus encore d’autres surprises. Sûr, les cultures traditionnelles étaient représentées. Mais il y avait aussi des tas de jeunes. Rock, jazz, fusion. Fête à chaque coin de « rue » : on mordait à pleines dents dans d’odorantes brochettes de moutons, dégoulinantes de bon jus, matière grasse avec matière rouge. Les hommes avaient le chapeau de travers, les femmes chipotaient dans leurs châles. Tandis que je digérais sous la tente centrale, on vint me chercher, me priant de me rendre au cinéma. On passait un film français, il ne fallait pas rater ça. Je me rendais sur place, intriguée. Belmondo ? Delon ?
En tous cas, certainement pas Godard. La bande de gamins qui était venue me chercher, piaillait et se chamaillait, ne cessant de me demander si je connaissais Ian Ian et s’étonnait à grand bruit que non. Jamais entendu parler. J’arrivais au cinéma où l’on m’attendait pour démarrer la séance. Les premières paroles du générique éclaircirent mes doutes. « Quand les pavés volent comme de grands oiseaux gris … ».  Tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil ! Ian Ian n’était autre que Jean Yanne ! Les cons ! Un vrai succès en Bouriatie !
Impossible d’oublier les faces cuivrées des bergers, illuminées de rire à la vue de Blier jouant du tac-o-tac puis hochant la tête, approuvant, graves et concernées, les diatribes anti-marketing de l’animateur vedette, Christian Gerber. Rebelle. A la fin de la séance, quelques curieux vinrent s’attrouper autour de moi, pour parler avec la fille qui venait du pays de Ian Ian. Heureux qui ignorez la guéguerre franco-belge ! En donnant quelques détails sur les conditions historiques du film, je me fis passer sans trop de mal pour l’ennemi.
Leur recommandais aussi  « Chobizenesse » et bien sûr « Les chinois à Paris » …
La nuit qui suivit = chaos. Brasier. Garit ! Ceci veut dire : ca brûle ! et c’est de là que vient le nom de Gary, Romain.
Jusqu’à l’aube, je déclarais à qui voulait l’entendre que j’avais beaucoup à dire mais ne parlais jamais qu’en présence de ma vodka. On m’aida à me désaltérer, sans m’écouter plus que ça, vu que de toutes façons je dansais, quelque part, direction galaxie.
Le lendemain, il y eut les cérémonies officielles. Au cœur du dispositif : mes amis chamanes. Habillés de couleurs chatoyantes, ils entonnèrent des chants plutôt gutturaux, chacun leur tour d’abord. Ceux qui ne chantaient pas fumaient un drôle de truc. Enfin, ils se mirent à chanter tous ensemble, élevant l’assistance au-dessus, très au-dessus de l’azur.  Somewhere, over the rainbow.

Suite et fin : Kant dans les amandiers