Et du pétrole

6 ou 7 août 2010
US AIRWAYS, Vol 6094, au dessus de l’Oklahoma

Salut mon ange,

Jardin du Getty Museum

Je ne sais pas bien quel jour nous sommes, car avec les avions, on dévisse les horloges ! Toujours est-il que nous quittons L.A, fonçons vers Washington. Ajoutes D.C.
Alors le dernier jour dans la Californie a été très intense, et assez différent, car on s’est cultivé à la classique ! Il y a un très grand musée là-bas, qui surplombe la ville, nommé Getty. Il faut le voir. Il est protégé de la circulation automobile, on se gare loin et une sorte de navette ferrée nous y amène. Il est entouré d’un grand jardin que tu aurais adoré. Y a des essences bizarres, c’est vachement varié et bien conçu, ruisseau, fontaines, labyrinthes. Ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’il y avait des énormes plants de Datura. Tu sais, la plante psychotrope qu’on avait dans le jardin et quand tu nous a dit, à Jb et à moi, que ça pouvait s’fumer, on voulait y goûter. Mais heureusement, on l’a pas fait.
Le musée est immense, donc on a pas tout vu. Il y avait une exposition de photos absolument sublime, mais très terrible. Engaged Observers: Documentary Photography since the Sixties . Elle portait sur la guerre, la misère, la faim, la prostitution des enfants. Chloé était choquée et elle avait raison, moi aussi j’en prenais plein la gueule – surtout Rwanda, insupportable – on est sorties. Et on est allé visiter un pavillon plus calme, des peintures européennes du XVIIème au XIXème siècle. Bien jolie collection. La miss s’est prise d’intérêt pour les notices des tableaux, une façon originale d’apprendre une langue, avec le support visuel, c’est efficace.

Oil rigs

Ensuite, nous descendons en ville, passons rapidement dans un parc où se trouve un lac de pétrole. En bons spécialistes des dinosaures artificiels, ils en ont placé trois et on y croit ! Toujours est-il qu’en 1923, L.A. produisait un quart de la production mondiale et le pétrole était en plein centre ville. Aujourd’hui il reste quelques puits, en périphérie.

Nous allons ensuite chercher Ellie à son travail, elle est juriste en charge des droits de propriété intellectuelle chez Live Nation, une entreprise qui organise des milliers de concerts etc. Son chiffre d’affaires annuel est de 3,7 milliards de dollars. Ellie a un boulot de dingue, aux USA, on ne compte pas les horaires et on a pas trop de congés. Ellie est forte, mais fatiguée. La boîte voisine de la sienne, c’est Gibson, carrément !

The famous "Theme Building" at the Los Angeles International Airport

Pour finir nous sommes allé dîner dans un quartier bizarre, the Grove où se trouve le Farmer Market. C’est un quartier essentiellement commercial, mais aussi un peu historique. Le Farmer Market conserve son look des années 30, bien qu’il ait été restauré, et le centre commercial qui l’entoure est ultra chic. Par exemple, le parking est doté d’un salon avec des grands canapés en velours, où l’on attend le voiturier. Nous dînons en compagnie d’un autre « businessman » italien, assez mignon et très gentil.

Et c’est fini, on prend l’avion, le cœur content d’avoir passé une belle semaine avec des anges…
Nous allons atterrir à Baltimore, nouvelle légende. C’est Lucky Luke ! Je te dirai.

Bisous célestes

NB : j’ai pris plein de photos, tu peux les voir

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Calamity Jane

Los Angeles, 5 aôut 2010

Salut petite Danièle,

Donc au Pacifique, nous sommes allé. Le temps était couvert, on avait un peu froid. On a vu des surfeurs, dans leur combis d’acier, ah non, ils couleraient, elles sont en néoprène !
Le soleil s’est levé , éclatant les couleurs. On était à Venice, au Sud de Malibu, de Santa Monica…Tu vois un peu le truc ! Cela m’a beaucoup plu, car c’est le lieu où vivent ou bien se réunissent les marginaux du coin. C’est un peu folklorique, mais y a beaucoup de vrai. Des rappeurs, des hippies, des indiens, des joggeurs. Il y a plein de magasins qui vendent du haschich, enfin plutôt de l’herbe. Tu sais en Californie la vente en a été autorisée, soit disant pour soigner. Visiblement, ils sont hyper malades ! Bon, j’y ai pas touché, j’ai mes médocs à moi.
Avec Chloé, on s’est payé un joli tatouage, fait avec du henné. Le mien était chinois, ça  voulait dire rivière.

Hier, nous avons fait un tour en ville. Sandro nous a amené à son groupe d’apprentissage de l’anglais. C’est totalement gratuit. Il y a plein de nationalités et presque que des femmes : des iraniennes (dont une a du faire la guerre, car il lui manque un bout), des russes, des lettons (ils ne sont pas copains), une israélienne, une française de 86 ans, sa fille – une tahitienne, une coréenne, un italien bien sûr… Visite de la bibliothèque municipale qui a brûlé plein de fois, mais qui est reconstruite et conserve des centaines de milliers d’ouvrage, notamment énormément de livres en langues étrangères. Je suis impressionnée. Puis, on va au restau, l’ambiance est très sympa. Ce qui est pas mal, c’est que les serveurs ont noté ce que chacun a pris et qu’à la fin du repas, chacun a son addition, ça nous évite le sketch à la Muriel Robin.

Vraiment très courageuse

Après le déjeuner, Sandro nous amène admirer le bâtiment du Disney Concert Hall. Il est sacrément beau. Avant il était tout brillant mais il éblouissait l’ensemble du quartier, ils ont du le polir. Il passe des pompiers. Ils sont pas comme en France, avec leur camions énormes, ils vont aux incendies, pas aux petits malaises.
Puis on va au musée. Cui là, j’ai adoré. En fait, c’est le Far West de la ruée vers l’or au Poney Express. Super intéressant. Il y a tous les outils de la ruée vers l’or, et bien sûr des pépites. Il y a des diligences. On est montées dedans. Des textes de l’époque sont aussi exposés. Visiblement dangereux. Et donc Poney Express, avec pas mal d’info. Par exemple, ils expliquent qu’avant la mise en place de ce courrier, pour aller à New York, ils devaient faire le tour, passer par l’Atlantique, via Magellan détroit et ça prenait des mois et y avait le scorbut…Et bien avec les chevaux, ils ne mettaient plus que 10 jours. Les coursiers mettaient un point d’honneur à cavaler très vite. Presque pas s’arrêter. Il y a Buffalo Bill, dont j’ignorais qu’il montait des spectacles. Et on voit les Dalton ! Ben, oui, ils existaient. Je suis bien contente, car je viens de lire la correspondance de Calamity Jane. Sa vie est incroyable. Et elle les connaissait. Si tu as une librairie bien fournie, là haut, je te le recommande. Le musée est gratuit car il appartient à la banque Wells Fargo, qui descend directement de Poney Express. J’achète à Chloé le matos de banquière. Depuis qu’on est allé à Universal Studio, c’est le métier qu’elle voudrait faire, pour gagner plein d’argent, inviter ses amis !!! En fait, elle reste actrice…

Allez, on va partir bientôt, il ne reste plus qu’un jour, bisous d’aventurières

Le dernier jour, il est ici

Trottoir célèbre

Los Angeles, 3 août 2010

Hi Mom !

Avant de te parler de la descente sur Hollywood, il faut que je te donne encore des informations sur West Hollywood. Tu sais, Holly cela a deux sens : sacré et houx. Donc, c’est en bois ! C’est cohérent, cela fait penser aux bardes celtes, si loin, si loin.
Pour commencer notre ballade, nous sommes montés sur Mulholland Drive. Cette route est très connue, car elle surplombe Los Angeles, elle est très longue. Avant, les locaux y faisaient des courses – genre la Fureur de vivre – et des fêtes délirantes. A présent, elle est très surveillée. Elle est redevenue célèbre à un autre titre, un film de David Lynch, excellent, que tu n’as pas pu voir, il est sorti en 2000. Ce qui est dommage, c’est que personne ne sait qui est Mulholland. Curieuse, je me suis renseignée. En fait, c’était un ingénieur qui a amené l’eau à Los Angeles, pour arroser les plantations d’orangers essentiellement. C’est beaucoup grâce à lui que la ville a pu se développer. Ca aussi tu connais, puisque c’est la profession de ton mari et notre père. Eaux et forêts.
Beaucoup de rues à Los Angeles se nomment Drive (ils adorent conduire !), mais cela s’écrit Dr, et je me demandais d’où ils sortaient tous ces docteurs !!! Bref, nous avons vu la si fameuse inscription de Hollywood sur la montagne. Cela fait quelque chose quand même de voir des mythes se concrétiser ! Et ce n’est pas fini, puisque nous sommes descendus sur Hollywood Boulevard.
Chloé était folle de joie, elle a cherché toutes ses stars, qui malgré leur jeunesse, sont déjà gravées dans le fameux trottoir. Et puis, tu vois, elle a posé avec des sosies de son chanteur danseur préféré, Michael Jacskon ! Pour ma part, j’étais contente de voir Chaplin et quelque autres, mais la foule est telle sur ce trottoir, qu’il n’est pas aisé de trouver ses chéris. On a même vu des ouvriers en train de poser une plaque. Ca j’ai aimé. Et puis de voir l’entrée de la salle où sont remis les Oscars. Encore une légende vivante.
Ensuite, nous sommes allées à Beverly Hills…C’est hyper chic. Chloé voulait faire des courses, acheter des fringues. Bonjour la ruine. Nous sommes entrées dans un magasin avec les plus belles robes que j’ai jamais vu de ma vie. Le type nous a demandé si nous avions rendez-vous. Non, alors sortez !!! Finalement, on a trouvé un magasin aux prix relativement abordables et j’ai acheté un jupe et un tee-shirt à Chloé. Vachement contente.
Le lendemain, après avoir bien profité de notre piscine le matin, nous sommes allés à Universal Studio. Les vrais studios de cinéma sont fermés au public et c’est bien normal. Universal Studio est un parc d’attraction fondé sur les films. Bien entendu, nous y avons foncé pour faire plaisir à ta petite fille, mais nous avons également bien apprécié. Il y

Une jolie black, chantait très bien

a des manèges de folie, qui foutent la trouille. Une attraction en 4 dimensions (un filme en 3 D, mais qui t’envoie des postillons quand une figure du film éternue !). Dans un autre, il y avait des casiers où déposer ses affaires, car le manège secouait bien, et bien les casiers s’ouvrent et se ferment avec l’empreinte digitale !!! Non, la folie. L’attraction que j’ai préféré c’était un spectacle de plein air, reconstituant les Blues Brothers. Et aussi, de poser aux côtés des astronautes. Il faisait chaud, mais tout est super bien organisé, même si tu fais des queues sérieuses, tu ne t’en rends presque pas compte. Les rois de l’illusion !
Bon, c’est tout pour aujourd’hui. Demain et après demain, nous irons voir les plages et le centre ville.
A bientôt, portes toi bien.

La suite du récit

En bas le Pacifique

Los Angeles, 1er août 2010

Ma Babou, Ma Mounette,

Gardes côte à Venice

Et bien voilà, je suis au bord du Pacifique, avec ta petite fille, la miss Chloé. On a fait 9 840 km en avion et ça nous a pris environ 24 heures, de porte à porte. C’est aussi loin que le lac Baïkal où nous étions il y a exactement dix ans. Le Pacifique est froid – quand même moins que le Baïkal –  et il n’y a pas les mêmes chamanes.
Notre hôte, Sandro, un ami italien, est absolument charmant. Je le savais sinon je n’aurais pas osé lui demander de nous accueillir, mais je confirme. Il est acteur. A Hollywood, les vrais acteurs disent qu’ils sont dans le business, car si tu dis que tu es acteur, on te demande dans quel restaurant tu travailles ! Et il est vrai que les serveurs sont bien mignons !!
Donc Sandro a refait sa vie ici, fini les tréteaux d’Italie, la galère de précaire. Il gagne sa vie en doublant des films et il fait son trou tranquillement, on vient de lui confier la création d’une comédie musicale. Il s’agit de monter une comédie sur Robin des Bois qui a été créée en Italie en la mettant à la sauce américaine : plus de bruit, de lumières, plus de monde, de costumes, de décors, d’effets spéciaux et que c’est terra !

un combat universel et éternel...

Sandro vit donc bien, avec Ellie, sa femme américaine, également très douce et accueillante. Figures-toi que sa mère est une des plus grande avocate féministe aux USA, elle a – entre autres –  assuré le divorce de Lisa Taylor et surtout beaucoup milité pour la libération de notre sexe dans les années 70.  Tu connais hein ! Elle se nomme Arlene Colman-Schwimmer. Et la mère de cette femme avait débarqué de Russie au début du XXème siècle avec trois chaussettes et une culotte dans ses bagages. Alors oui, le rêve américain existe bien, mais pas pour tout le monde. Les descendants des esclaves ne sont pas encore sortis du trou noir ! Je te dirais plus tard.
Enfin, saches que nous sommes logées à West Hollywood, qui est un quartier encore plus classe que Hollywood, car c’est ici que vivent les stars, au calme. C’est un quartier assez étrange, pas du tout urbain. On se croirait en Provence, les routes sont toutes tordues, elles montent et elles descendent, ça me fout mal au cœur. Il n’y a aucun trottoir, aucun magasin, que des villas, des villas, des villas. Alors, nous aussi habitons une villa, elle n’est pas immense (eu égard aux dimensions américaines) mais très belle et confortable. Un grand plaisir c’est son  jardin avec des magnifiques fougères arborescentes et une piscine de luxe. Le seul défaut est que l’eau est un peu trop chaude !

Le carrosse de ces dames

Sandro s’est libéré pour la semaine et il va s’occuper de nous. Quelle chance ! En voiture bien sûr, car sans auto, Los Angeles n’est pas accessible. C’est immense et il n’y a presque aucun transport en commun. Notre voiture est une Jaguar, une de mes marques préférées avec les Panhard et les Audi…Bon c’est une Jaguar vraiment moderne : et ça clignote quand tu recules si tu t’approches trop près du mur et des tas de trucs comme ça, tu peux brancher toutes sortes de sonos, voire faire une boum !
Demain, nous commençons par visiter. Donc, Hollywood Boulevard où sont gravés dans le trottoir les noms des grands artistes, la salle où sont remis les Oscars…et d’autres choses, qu’on connaît pas.
A toi ma star, dans tes nuages, tu me manques, je t’embrasse très fort

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