Le petit commerce, Boris Vian

voir la traduction ci…dessous

J’ai vendu du mouron
Mais ça n’a pas marché
J’ai vendu des cravates
Les gens étaient fauchés
J’ai vendu des ciseaux
Et des lames de rasoir
Des peignes en corozo
Des limes et des hachoirs
J’ai essayé les fraises
J’ai tâté du muguet
J’ai rempaillé des chaises
Réparé des bidets
Je tirais ma charrette
Sur le mauvais pavé
J’allais perdre la tête
Mais j’ai enfin trouvé

Je roule en Cadillac dans les rues de Paris
Depuis que j’ai compris la vie
J’ai un petit hôtel, trois domestiques et un chauffeur
Et les flics me saluent comme un des leurs
Je vends des canons
Des courts et des longs
Des grands et des petits
J’en ai à tous les prix
Y a toujours amateur pour ces délicats instruments
Je suis marchand d’canons venez me voir pour vos enfants

Canons à vendre !

des photos envoyées par un ancien militaire..cosmopolite et pacifiste !

Avec votre ferraille
On forge ces engins
Qui foutront la pagaille
Parmi ceux du voisin
Ça donne de l’ouvrage
A tous les ouvriers
Et chacun envisage
De fonder un foyer
Pour se faire des finances
On fabrique des lardons
On touche l’assurance
Et les allocations
Ça n’a pas d’importance
Car lorsqu’ils seront grands
Ils iront en cadence
Crever pour quelques francs

Je vendais des canons dans les rues de la terre
Mais mon commerce a trop marché
J’ai fait faire des affaires à tous les fabricants d’cimetières
Mais moi maint’nant je me retrouve à pied
Tous mes bons clients
Sont morts en chantant
Et seul dans la vie
Je vais sans soucis
Aux coins des vieilles rues, le cœur content, le pied léger
Je danse la carmagnole, y a plus personne sur le pavé

Canons en solde !

Traduction des légendes

Photo de l’africain : il n’y a pas d’ennemi plus dangereux que celui qui n’a rien à perdre.

Photo du baiser de la mort : en mourant chaque seconde, nous étions immortels, comme des Dieux

Et aussi

Cette chanson a été reprise magistralement par Sergueï…Gain s’barre

Superbe film  : Lord of war, où l’on voit aussi que tout le monde y perd, un jour où l’autre.
Et pour les avions ukrainiens qui arrivent pleins d’armes et repartent pleins de poissons, pour nos bouches fines, le tout subventionné par l’aide au développement, les fonctionnaire européens sont très contents…Le cauchemar de Darwin. Ce film a des défauts, il manque de chiffres, mais les critiques dont il a été l’objet étaient bien injustes. Les critiques étaient-ils dérangés ?

Un autodidacte passionné…ça peut aller loin !

Facile à trouver..

Avant de vous narrer la fabuleuse histoire d’Ambroise Paré dans plus de détails, je vais vous livrer les premières impressions que j’ai gardé de la lecture de sa biographie par Jean-Pierre Poirier. Je l’ai lu il y a neuf mois…Le temps d’accoucher !
Le bel Ambroise m’a séduite a bien des égards :

  • Il ose écrire sa science en français à l’époque où les médecins ne jargonnaient qu’en latin (cent ans plus tard, Molière se moque encore d’eux !), il brave les élites, le cercle fermé des experts. Il vulgarise. Il a tout bon !
  • Il fait beaucoup de tentatives, d’expériences, il touche un peu à tout, il connecte les différentes dimensions de son métier, il paie de sa personne (il est très souvent sur le front, l’époque est pleine de guerres), il développe un savoir très utile (amputation… des soldats).
  • Il n’est pas macho, il s’intéresse aussi aux femmes et met en place des techniques pour alléger les grossesses pénibles ! A son époque, les obstétriciens…enfin, vous voyez ce que je veux dire…il faut presque attendre Jean-Louis Baudelocque pour avancer !
  • Son objectif n’est pas de faire des prouesses techniques, mais de soulager les patients. On ampute déjà avant ses travaux, mais c’est moche, ça fait très mal et tant de souffrances pour beaucoup d’échecs (décès). Ce qui le motive c’est que cela se passe mieux : travailleur acharné,  jamais découragé, il y arrive !
  • Il est humble, il est doux, époux et père aimant.
  • Il n’est pas dogmatique, bien que promu au statut de chirurgien du roi, il ne prend parti ni pour les catholiques ni pour les protestants. Pourtant la guerre de religion fait rage ! Il est plongé en plein St Barthélemy, il navigue, ruse et soigne des deux bords…C’est un laïc qui s’ignore !
  • Il est autodidacte, débutant simple marmiton, il ne fait pas d’études car ses parents n’en ont pas les moyens, mais il termine chirurgien du Roi. Tout cela, grâce à sa curiosité, sa passion, son ouverture d’esprit.
  • Enfin, il est non seulement beau de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur, autant que l’on puisse juger par des gravures vielles de 500 ans ! C’est que reprenant la lecture de cette biographie, je constate qu’il est né en 1510. C’est donc le 500ème anniversaire de sa naissance. Un petit cadeau pour l’outre-tombe.  J’aime les morts vivants !

Pas mal quand même. Et sans gel !

Je vais donc poursuivre ce récit. Mais avant tout je voudrai tirer mon chapeau (c’est le cas de le dire !) au rédacteur de cette biographie. Envie de lire ses autres bouquins. Il s’agit de Jean-Pierre Poirier : il écrit bien, son vocabulaire est riche et précis. De formation médecin et économiste, c’est un historien sérieux, qui se documente, retranscrit l’époque à merveille : agriculture, nourriture, habillement, langage, petite et grande histoire.
Enfin, dans ses autres ouvrages, il s’intéresse à d’autres personnages, ordinaires, mais hors du commun (Lavoisier, Marat, Turgot, Marie Curie etc..) et à l’histoire des femmes de science en France du Moyen Age à la Révolution

Ah ça ira, ça ira, ça ira…

NB : je constate avec effarement que beaucoup de gens, parmi les soit-disant plus cultivés, ont la nostalgie de l’Ancien Régime. Et ils ne s’en rendent même pas compte ! Ils comptent les quartiers de noblesse, veulent ou jalousent des privilèges….Je vous assure, si l’on n’y prend pas garde, on va faire marche arrière !!

Et si vous voulez savoir pourquoi j’écris cet article, lisez : Paré ? Ambroise

Mon grand-père au front, 1940

un an après la lettre, deux ans avant sa mort

Vous n’avez pas je pense oublié l’anniversaire de notre Gilles. Baisers de son Papa – bonjour à tante.

Le 26 mai 1940

Cher grand papa, Chère grand-maman, Et mes petits enfants

C’est aujourd’hui dimanche. J’ai quelques moments de repos. Aussi je m’empresse après avoir écrit à Mimise [Mamie] de vous adresser un petit mot.
Par une brève lettre de Madeleine datée du 20 j’ai appris que le troisième luron était venu rejoindre les deux ainés. [Voir ci-dessous des précisions sur le 3ème luron]. Quelle maisonnée cela va vous faire.
En échange je n’ai pas de nouvelles de Mimise depuis le 18.

Pour nous la vie est calme à tout point de vue en ce moment et nous nous réorganisons. Je suis versé à la 7e Cie du 213e RI et le secteur postal est 12.656 . Je suis affecté comme caporal VB [de Vivien-Bessières, la grenade VB mise en service en 1916, la plus célèbre des grenades à fusil françaises] à la 1ere section. Dans le combat si cela se passe comme à Sedan je n’aurais pas grand chose à faire puisque nous n’avions pas plus de grenade VB que de grenades ordinaires, que de chars, que d’avions.
Et avec cela une compagnie devait tenir un front d’un kilomètre de large.

Aussi est on un peu révolté de lire dans « Le Journal » d’aujourd’hui dimanche 26 – car Le Journal et Le Matin viennent assurer leurs profits jusqu’aux portes de notre fort – l’article d’un certain Mr Miellet soit disant président de la Commission de l’armée demandant des sanctions vis à vis des hommes qui n’ont pas tenu leur poste de Sedan à Namur. Avant de réclamer des sanctions contre ceux qui ont perdu 65% de leurs camarades ( ma compagnie), la compagnie voisine n’ayant récupéré que 10 hommes etc etc –  ce monsieur ferait mieux de s’attaquer à ceux qui ont permis les trahisons de toute nature à ceux qui ont laissé se sauver Thorez, ceux qui ont fait qu’aujourd’hui on est obligé d’imprimer dans les journaux : Souscrivez ! il leur faut des chars, des chars, des chars – ceux qui ont permis la cohabitation des civils et militaires en zone frontière pendant huit mois, alors que les civils de déplaçaient presque librement, le militaire avait besoin d’un ordre de mission pour faire quinze cent mètres, personne ne pouvait empêcher un espion de se rendre sur les positions et les travaux en cours. Dire que c’est de la faute des soldats alignés de Sedan à Namur « si les ouvrages fortifiés édifiés le long de la Meuse et qui ont coûté huit mois d’efforts et de sacrifice ont été abandonnés et contournés » Il est tout de même nécessaire de rétablir la vérité.  Dans quelques blockhaus que je connaissais , il n’y en avait pas un sur trois de terminé (le gros œuvre, j’entends) et ceux dont le béton était fini l’aménagement intérieur était loin d’être au point. Combien n’avait que des mitrailleuses alors qu’ils auraient du avoir des canons. Pourquoi ces canons n’étaient ils pas en place.
Pourquoi les péniches allemandes du blocus de Sedan

Combats de chars devant Sedan en mai 1940. Source : SHD

n’ont elles pas été coulées au milieu de la Meuse mais sur le bord et qu’elles émergent encore.

Enfin en ce qui me concerne, j’ai la conscience tranquille. J’ai toujours suivi mon chef de section et ayant perdu au départ mon sergent et deux hommes, j’ai ramené le reste de mon groupe intact. On ne pourra pas nous reprocher d’avoir quitté notre poste. Il nous a été impossible de gagner le point assigné. Cela semble paradoxal et s’explique simplement. Notre chef de section –affecté à notre section depuis une quinzaine – n’avait pas et n’a pu trouver malgré les renseignements quémandés à l’un et à l’autre, le bois où nous devions nous faire hacher. Le chef de section pas plus que le tireur n’avaient de cartouches pour leur revolver – et cela à répéter pour toute la compagnie malgré l’observation faite par un brave garde mobile chef de section qui y est d’ailleurs resté.

En désespoir de cause nous nous sommes ralliés à deux officiers d’un régiment voisin. Nous avons essuyé quelques marmitages. Les deux officiers en question ont alors disparu ?! Cela restera un mystère. Nous nous sommes alors repliés et mis une deuxième fois à la disposition d’un autre régiment qui après nous avoir gardé quelques heures ne nous a pas employé. Ensuite a commencé une retraite sans gloire – mais sans honte – a pied sous des bombardements intensifs d’aviation allemande opérant toujours très tranquillement nous avons traversé en une journée le département des Ardennes.
Là nous avons été regroupés et nous avons pu nous compter.
Pendant cette journée de marche nous avons vu monter des chars, il était temps. Ils ont fait du bon ouvrage puisqu’ils ont réduit le rayon de la poche de 17 km à 7 km.
Le discours de P. Reynaud où il parlait de l’armée Corap était dur mais véridique. L’article de Miellet pue la démagogie.
Et j’ai négligé les parachutistes. Ils n’ont pas eu besoin d’employer ce moyen pour nous tirer dans le dos. Ils ont eu tout le loisir pendant huit mois de choisir leurs emplacements.
Je vous embrasse sans que le moral soit entamé.

Max

Notes

Note de mon père  : [Sur l’enveloppe au recto : POSTE AUX ARMEES 27-05 /40 > Monsieur et Madame Henri Boisgontier / avenue de la République  / Le Clion sur Mer Loire Inférieure au verso : Naudet Max caporal aux armées]
Il s’agit donc d’une lettre de mon grand-père. Elle a été recopiée avec soin par mon père, Gilles, qui à l’époque venait de fêter ses 3 ans. Mon grand-père est mort 3 ans plus tard, d’une maladie aujourd’hui quasiment éradiquée. Enfin, sous nos latitudes. Il s’agirait de la maladie de Hopkins. D’après ma tante, c’est ce qui a permis son renvoi du front.
Le troisième luron, c’est donc ma tante informatrice et adorée, Marguerite, qui devint journaliste et qui n’a pas travaillé que pour des bons feuillets, mais toujours consciencieuse. Le deuxième, ma tante, Brigitte, est cuisinière et dentellière hors pair, dont je suis un peu éloignée, mais qui m’a donné une cousine au poil !  Et le premier, c’est mon père. Aucun d’entre eux n’a jamais vraiment encaissé ce deuil. Et pourtant, des efforts, ils en ont fait. Je le sais.
Mamise, ma grand-mère est restée veuve jusqu’à 80 ans. Elle se décida alors à épouser un jeune homme de 90 ans, et ils vécurent ensemble, heureux quelques années, jusque la veille des 100 ans de son 2ème époux, Fernand, qui était préoccupé de laisser ma grand-mère accéder à sa retraite.

Enfin, le fait que ce grand-père presque inconnu soit si soucieux de la vérité et si courageux, cela fait notre fierté ! Et quand mon frère a appelé son deuxième fils Max, nous avons tous été très touchés. Enfin, je sais que ce grand-père était ingénieur agricole, mon père est devenu ingénieur agronome et plus précisément des Eaux et Forêts. Et qu’il voulait partir au Cameroun, avec lequel j’essaie de travailler, sur l’éducation, dans une ONG.

Pour aller plus loin

Des bibliothèques et médiathèques entières sont emplis de documents sur ce triste épisode. Moi, simple citoyenne, j’indique les œuvres qui m’ont le plus marqué :

  • L’étrange défaite, de Marc Bloch, écrit contemporain de cette lettre. La guerre vue par un de nos plus grands historiens.
  • Les sentiers de la Gloire, de Stanley Kubrick, un film qui porte sur la 1ère guerre mondiale et non la 2ème mais l’ambiance n’est pas si différente.
  • Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, les premières pages sont aussi consacrées à la 1ère guerre mondiale. La boucherie.

Vous pouvez bien entendu suggérer de nouvelles références, y aller de vos histoires, commenter.

Une folie impossible, la guerre aux confins de l’Europe

C’est en ce lieu magique que nous tombât du ciel une de ces nouvelles qui font trembler d’effroi: la guerre a commencé. Cela nous fut, ironie du sort, annoncé en allemand (compris des hollandais), par des gardes frontières qui nous intiment de faire un demi-tour fissa. J’étais incrédule. Impossible. On ne chasse pas de Paradis.  Et puis, la Géorgie et la Russie se font des chicaneries depuis vingt bonnes années, sans que cela ne prenne un tour si tragique. Je fulmine : le principe de précaution aurait atteint ces contrées sauvages, éloignées ?
Ce demi-tour est une folie,  une absurdité. Nous passons une soirée morose, bricolée sur deux ou trois rasades de whisky. Gela semble sérieusement préoccupé. Le lendemain, nous reprenons la route en sens inverse, saluant les  mêmes chiens, les mêmes bergers. J’en profite pour arracher de la montagne un brin d’ardoise et une dent de quartz.. Nous parvenons à Dartlo, village ou nous avions campé la veille.  J’aperçois alors la responsable du groupe de hollandais, rouge comme une tomate de serre. Elle me harangue « Et oui, la guerre a bel et bien commencé » . Cette femme me semble incapable de plaisanter. Je cesse donc de rêver :  la guerre a bel et bien commencé. Certes, nous ne sommes pas plongés dans le même drame que la population locale. Gela, en particulier, qui est réserviste, susceptible de rejoindre le front sans tarder. Mais nous sommes littéralement paumés. Nous entrons dans ce qu’on appelle le brouillard de la guerre. Dans le village, ils captent la télé branchée sur des panneaux solaires. Les chaînes sont géorgiennes ou russes.  Olivier assiste à la scène. Des jeunes habillés de marques occidentales, regardent la télé russe, pendant que les vieux fauchent à la main les champs inclinés. J’adresse un texto à mon grand frère, ex-correspondant du Monde en Tchétchénie. Il est fou d’inquiétude. Me demande de quitter immédiatement le territoire et à défaut de rejoindre une cave. Quand je précise notre localisation, il se rassure relativement et contacte le Quai d’Orsay. Ceux-ci sont infoutus de nous localiser. Nous tentons de contacter l’ambassade, mais la ligne nous raccroche au nez. Je contacte alors la correspondante du Figaro en route vers Tbilissi. Elle m’indique que le consul suggère aux touristes de ne pas bouger et promet de nous signaler à l’Ambassade. Nous passons la soirée à discuter de ce que nous devons faire. Pour ma part, je suis favorable à attendre quelques jours dans ces montagnes abritées, persuadée que le conflit sera de courte durée. Olivier préfère quitter le pays au plus vite. Je finis par me ranger à son avis. Ne serait-ce que parce qu’il doit récupérer sa fille à une date qui ne laisse pas de marge de manœuvre. Et puis parce qu’on m’a toujours dit que j’étais dingue, ce qui en temps de guerre ne dit rien de bon.
Il nous faut rejoindre la vallée, récupérer passeports et billets. Pour cela nous devons attendre, le temps que l’organisation nous envoie les mangeurs de piste. Le lendemain, nous entreprenons une petite marche pour visiter le village de Dano qui surplombe la vallée. Ca grimpe dur mais nous y arrivons, en évitant les chemins exclusivement « masculins ». En route, je découvre une foule de papillons, tout juste défroissés, nés à l’aube même. Ils deviendront gros comme ma main. A l’arrivée, les villageois nous invitent à partager un festin car la fête du village se prépare pour le lendemain. Nous pénétrons dans une petite cahute de bois où les femmes préparent sous nos yeux des khatchapouris à tomber par terre. En un clin d’œil, la table se couvre d’agneau frais, de fromage, de légumes et de fruits et nos verres s’emplissent sans interruption de djadja, que nous absorbons sans compter. La descente s’avère de ce fait nettement plus tortueuse que la montée. Je crois même que nous entamons une sieste sur le chemin, dans un long processus de dédjadjadisation !

La soirée au camp se structure autour d’un grand feu batave. Ayant retrouvé forme humaine, j’avale encore plusieurs verres de djadja. Il faut bien ça, la guerre est là. Dans la nuit, nous entendrons des bruits d’avions suspects qui survolent la région. Pourvu qu’aucune erreur du type Folamour ne se déclenche au-dessus de nos têtes ! Olivier navigue sur toutes sortes de sites pour localiser les bases militaires qui pourraient être cibles dans la région. Un camarade l’informe de la présence d’une base non loin de Telavi, grâce à un suivi trotskiste serré des rebellions. Nous voilà bien montés !

il reste, nous partons...

Au lendemain, Hélios est en grande forme, nous plions les tentes et attendons le convoi. Nouvelle expédition rocambolesque dans les profondes plaies du Caucase. Déboulent des cavaliers au triple galop. Dans la vallée, le chauffeur traverse les villages à toute blinde, nous retrouvons notre famille russo-géorgienne, plongée dans la peine d’un conflit qui piétine leur double identité. La nuit est agitée. L’ambassade reste injoignable, les lignes sont saturées, mais nous profitons de l’électricité pour recharger nos téléphones. Comme disait Lénine, le communisme est l’enfant des soviets et de la fée électricité …

La suite : Courage, fuyons !