Citation

Ecce Homo

Il a écrit bien des idioties, Friedrich Nietzsche, notamment sur les femmes, les allemands, les juifs… Mais l’extrait d’Ecce Homo que je vous livre ci-dessous me semble d’une grande lucidité et d’une sagesse profonde (sauf la dernière phrase que je copie quand même…par honnêteté.)
En ce qui concerne les suites de mon A.V.C, je n’aurais pas mieux dit. Avouez que c’est bien écrit, même si certaines expressions sont « troublantes ». J’ajouterais seulement que j’ai a tendance parfois à oublier ce qui m’est arrivé. Et je dois l’éviter. Peut-être connaissez vous cela aussi.

« Un être typiquement morbide ne deviendra jamais sain, et pourra encore moins se rendre la santé ; pour quelqu’un de typiquement sain, au contraire, le fait d’être malade peut être un stimulant énergique de vie, du « plus-vivre ». C’est en fait ainsi que m’apparaît maintenant cette longue période de maladie : je découvris pour ainsi dire la vie, y compris moi-même, avec des yeux neufs, je savourai toutes les bonnes — et même les petites — choses, comme d’autres auraient du mal à les savourer — je fis de ma volonté de santé et de vie ma philosophie… Car, qu’on y prenne bien garde : mes années de plus faible vitalité furent celles où je cessai d’être pessimiste : l’instinct de l’« autoreconstitution » m’interdisait une philosophie de la pauvreté et du découragement… Et à quoi, au fond, reconnaît-on l’ épanouissement physique ? A ce qu’un être épanoui fait du bien à nos sens ; à ce qu’il est taillé dans un bois qui est à la fois ferme, tendre et odorant. Il n’a de goût que pour ce qui lui fait du bien; son plaisir, son envie, cesse là où la mesure de ce qui convient est franchie. Il invente des remèdes contre les lésions, il exploite à son avantage les hasards malencontreux : ce qui ne le fait pas périr lui donne des forces. D’instinct, de tout ce qu’il voit, entend et vit, il amasse son propre capital : il est un principe de sélection, il élimine bien des choses. Il est toujours dans sa société bien à lui, qu’il commerce avec des livres, des hommes ou des paysages ; par son choix, il honore ce qu’il a choisit, ce qu’il admet, ce à quoi il fait confiance. A toutes sortes de sollicitations, il réagit lentement, avec cette lenteur dont une longue prudence et une fierté délibérée lui ont imposé la discipline. Bien loin d’aller au-devant d’elle, il examine attentivement la sollicitation qui se présente à lui. Il ne croit ni à la « malchance », ni à la « faute » : il vient à bout de lui-même et des autres, il sait oublier — il est assez fort pour que tout, nécessairement, tourne à son avantage. Eh bien, je suis tout le contraire d’un décadent : car c’est moi-même que je viens de décrire. »

Nb : non, je n’ai pas relu cet ouvrage pour tomber là-dessus. Non, je n’ai pas tout recopié. J’ai utilisé ceci :

http://fr.wikiquote.org/wiki/R%C3%A9silience

Publicités